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Analyse extra-financière du secteur Services aux collectivités FR 09/05/2011
Analyse extra-financière du secteur Alimentation et Boissons FR 09/05/2011
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Y-a-t-il un paradoxe à être une entreprise d’extraction pétrolière mais aussi un acteur socialement responsable ?

En réponse aux rapports de développement durable de plus en plus fournis des compagnies pétrolières, on ne compte plus les condamnations mettant en cause l’implication des acteurs du secteur dans des désastres environnementaux et sociaux.

Dans un contexte où la demande de pétrole pourrait bientôt dépasser l’offre, le manque de « pétrole facile » pousse les entreprises à exploiter des ressources dans des conditions de plus en plus difficiles et polluantes, tels les sables bitumineux, ou dans des zones à l’environnent fragile, comme les glaciers.

Les entreprises sont contraintes d’aller chercher le pétrole là où il existe des réserves et c’est souvent dans des zones économiquement et politiquement instables où les gouvernements non démocratiques pratiquent des violences sur les populations. Les entreprises se réfugient alors derrière le manque de réglementations contraignantes et la défaillance des Etats pour se dédouaner de leur responsabilité et légitimer leurs mauvaises pratiques. Maintenues à l’écart des contrats de partage de production, les populations locales se voient spoliées d’une richesse qui pourtant leur revient.
Cette étude vise à mettre en lumière les incohérences du secteur et à comprendre jusqu’à quel point, les analystes extra-financiers et les investisseurs peuvent faire pression sur les acteurs du secteur afin qu’elles aient un comportement responsable...


Télécommunications, un appel à plus de responsabilité

D'après l'Union Internationale des Télécommunications, 4,6 milliards de personnes étaient équipées d’un mobile fin 2009, soit environ deux tiers de la population mondiale. Auparavant cantonné aux pays développés, le téléphone portable a trouvé un formidable relais de croissance dans les pays les plus pauvres, où le réseau téléphonique fixe est souvent peu développé, voire inexistant. Ainsi en 2008, trois abonnements sur quatre ont été souscrits dans les pays en voie de développement, contre un sur quatre en 2000.

Un développement aussi diffus et rapide ne se fait pas sans impacts. Des impacts environnementaux, directs (fabrication des téléphones) et indirects (utilisation, déchets). Une étude récente estime que la consommation en énergie d'une heure de conversation téléphonique équivaut à celle d'une machine à laver le linge fonctionnant à 40°C. Au niveau global les émissions de CO2 du secteur représentent un peu moins de 1% des émissions mondiales, pourcentage qui devrait rester stable d’ici 2020. Le secteur des télécommunications a donc un impact relativement faible bien que non négligeable, mais recèle surtout un énorme potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les autres secteurs (bâtiments et réseaux électriques intelligents, visioconférences, télétravail, etc.).

Des impacts sociaux et sociétaux. Aussi bien pour les employés des groupes de téléphonie obligés de se réinventer en passant de monopoles de la téléphonie fixe à des opérateurs mobiles et multimédia confrontés à une rude concurrence, que pour les utilisateurs exposés à de nouveaux risques. Les conséquences sanitaires éventuelles des émissions électromagnétiques des téléphones portables ou des antennes relais sont en effet sujettes à débat : les études scientifiques d'impact sur les populations n’aboutissent pas à une conclusion unique et, opérateurs et associations continuent de s’affronter. Aujourd'hui, le débat n’est plus seulement scientifique puisque, en France, des associations ont porté le débat sur le plan judiciaire, demandant et obtenant parfois le retrait de certaines antennes. Si le doute demeure, la pression se fait croissante pour les opérateurs, et une première étude évoque une facture potentielle de plusieurs milliards d’euros si les opérateurs étaient amenés à revoir leurs installations et à utiliser des niveaux d’émissions plus faibles.

Après avoir connu une croissance fulgurante au cours de la dernière décennie, le secteur doit maintenant travailler à intégrer pleinement les enjeux environnementaux et sociaux auxquels il est confronté s’il veut pouvoir poursuivre une croissance durable...


Le secteur Minier et la Métallurgie

3.5 milliards de personnes vivent dans des pays fortement dépendants des activités minières : entre 2000 et 2004, les minerais ont représenté plus de 50% de la valeur des exportations du Botswana, de la Guinée ou encore de la Zambie. Et les secteurs minier et de la métallurgie sont aujourd’hui omniprésents dans notre quotidien : fabriquer de simples lunettes nécessite de la pierre à chaux, du feldspath et du carbonate de sodium. La « révolution verte » que nous vivons ne pourrait avoir lieu sans les métaux et les minéraux : les véhicules hybrides tirent leur énergie de batteries au nickel, les convertisseurs catalytiques utilisent du cérium et du palladium et la conception d’éoliennes ou de panneaux solaires est très dépendante de ses activités. Les besoins en matière première se diversifient et s’amplifient donc.

Mais le secteur est surtout connu pour les effets irrémédiables que peuvent avoir ses activités sur l’environnement, la santé et la sécurité des employés, mais aussi sur les populations locales. Une pollution due à des émissions de particules peut avoir des conséquences dévastatrices. Les polluants peuvent s’infiltrer à travers le sol et contaminer durablement les terres cultivables et les nappes phréatiques et avoir de graves conséquences sur la biodiversité et la santé des populations locales. Par ailleurs, face à l’augmentation des coûts énergétiques, la pénurie d’eau et d’énergie dans certaine région, les compagnies doivent repenser leur modèle de développement et devenir plus efficientes en améliorant par exemple l’efficacité de leurs hauts fourneaux ou de leurs systèmes de ventilation, ou en optimisant leurs mix énergétique. Ainsi, pour pouvoir se développer de façon durable, l’industrie minière doit trouver des solutions novatrices de développement économique et social.

Faute de résultats, les compagnies s’exposent à des risques réglementaires, de réputation, voire opérationnels de plus en plus fréquents: l’opposition des populations locales sur des projets dont l’impact environnemental n’est pas maîtrisé peut aboutir au retrait des contrats de concession. Face à cela, les acteurs du secteur ont des réponses assez hétérogènes. Pourtant, de la réponse des entreprises face aux grands enjeux du développement durable dépendra leur potentiel de développement. La mise en place d’évaluations environnementales claires, l’élaboration d’études d’assainissement systématiques en amont du développement de tout projet, la prise en compte de la santé et la sécurité des mineurs ainsi que l’impact sur les populations locales sont autant de défis pour les entreprises du secteur...






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